Cappadoce
La Cappadoce, située dans l'actuelle Turquie, est un ancien pays d'Asie Mineure. Elle se situe à l'est de la Turquie centrale, autour de la ville de Nevşehir. La notion de "Cappadoce" est à la fois historique et géographique. Les contours en sont donc flous et varient considérablement selon les époques et les points de vue. Hérodote considérait qu'elle était délimitée par le Taurus, l'Euphrate, le Lac Salé (Tuz Gölü) et la mer Noire. Aujourd'hui, on désigne généralement par ce nom une région d'environ 15.000 km² entre Kayseri et Aksaray. Elle est connue pour ses paysages pittoresques résultant du volcanisme et de l'érosion, pour ses églises rupestres ornées de fresques, ainsi que pour ses habitations troglodytiques et ses cités souterraines.
Situé sur de hauts plateaux à plus de 1000 mètres d'altitude, le paysage lunaire de la Cappadoce, fait de grottes et de canyons, a été forgé au fil du temps par les forces de la nature : érosion des eaux, gel, vent....
Au VIème siècle de notre ère, les premiers chrétiens s'installèrent en Cappadoce. Ils sont à l'origine des nombreux villages troglodytiques, des villes souterraines (pour éviter les attaques ennemies) et des églises rupestres.
La préhistoire
Aux temps préhistoriques, la Cappadoce était habitée par des peuples autochtones organisés en petits Etats plus ou moins indépendants. Plus tard, plusieurs d'entre eux - par exemple Kanesh, aujourd'hui Kültepe, non loin de Kayseri - devinrent d'importants centres de négoce où les commerçants assyriens troquaient des textiles et du plomb avec les tonneliers d'Anatolie.
Après les Hittites
Après la chute de l'Empire Hittite vers 1200 av. J.C., commença l'âge sombre de l'Anatolie. Au Sud-Est le royaume néo-hittite, à l'Ouest la Lydie et au centre de la péninsule la Phrygie furent parmi les principaux royaumes qui contrôlèrent de plus ou moins grandes parties de la région jusqu'au VIe siècle av. J.C.
A partir du VIe siècle av. J.C.
C'est à partir de cette époque qu'on entend parler de la Cappadoce, quand elle est occupée par les Lydiens. Au milieu du VIe siècle, Crésus, le roi de Lydie, traversa le Halys - aujourd'hui Kizilirmak - pour empêcher l'expansion perse mais il fut vaincu. Après la bataille, la Cappadoce fut intégrée au royaume du Grand Cyrus.
Après l'arrivée d'Alexandre
Après l'arrivée d'Alexandre le Grand en 333 av. J.C. et jusqu'à ce qu'elle devienne une province romaine en 17 ap. J.C., la Cappadoce bénéficia d'un relatif degré de liberté et elle fut administrée par des dynasties locales. Ni les Romains ni leurs successeurs byzantins ne trouvèrent d'intérêt à assimiler cette région à leur propre culture. Leur souci était de contôler les routes, de garder ouverts les axes commerciaux et de faire exploiter la main-d'oeuvre de ce vaste plateau par l'armée byzantine. A cette période, coton, tissus, melons, citrons, sésame, figues... ont dû arriver de l'Est par les routes d'Anatolie. Les classes dominantes et les occupants vivaient dans des endroits facilement accessibles où des villes avaient été établies : Zoropassos (Gülsehir), Soandos (Soganli), Peristrema (Belisirma), Korama (Göreme), Soandos (Nevsehir)...
La population locale a toujours préféré vivre dans la Cappadoce rocheuse. Elle a établi ses habitations dans les collines, dans les vallées érodées ou sur les bords de ravins profonds. Certains ont préféré utiliser la pierre, d'autres creuser leur maison dans la roche. La seconde méthode a toujours été plus répandue que la construction.
Paysage aux formes lunaires né des projections des volcans Erciyes, Hasan et Melendiz, la Cappadoce offre un relief spectaculaire dû à une intense érosion hydrique et éolienne. Le sol, lézardé ou désagrégé, tantôt s'enfonce en vallées creusées par de petites rivières, tantôt s'élève en surprenantes colonnes de roche. Les couleurs changeantes au gré de la luminosité confèrent à la région un aspect des plus irréels...




